Canicule et incrédulité
Je n'ai pas chaud.
J'ai accès à internet et je lis les informations. C'est la canicule, il fait trop chaud pour la plupart des français à qui on recommande de s'hydrater régulièrement et aussi de s'assurer que leurs voisins en mauvaise santé ou âgés vont bien.
J'échange sur Internet comme à mon habitude(1). Je suis chez moi, je ne peux pas bouger depuis des jours. Je n'en ai plus la force. Sauf de me trainer de temps à temps dans la cuisine me servir de l'eau. Cela fait depuis, je ne sais plus, 3 semaines que je n'ai pas mangé.
Bien sur, j'en parle, mais la plupart de mes amis Internet sont loin et ne croient pas un mot de ce que je leur dit sur ma situation. Un canadien a bien essayé d'appeler les secours depuis Toronto. Mais ils ont exigé que je les joigne moi-même. Sauf, que je suis dans un tel état que je n'y arrive pas.
Une amie m'appelle au téléphone. Elle me demande si je n'ai pas trop chaud et ce que je fais ces jours ci. Elle pense m'inviter à passer quelques jours chez elle à la campagne pour discuter d'une de nos dernières formations.
Je lui réponds que je n'ai pas chaud, plutôt froid en fait parce qu'à priori je suis en train de mourir.
Mourir ? Comment ça ? Tu peux me préciser ?
Et bien je suis très faible, je n'arrive plus à sortir, je n'ai plus à manger depuis fin juillet là et je ne fais que boire l'eau, quand j'y arrive.
Personne ne s'est occupé de toi ?
Non.
Pourquoi tu n'as appelé personne ?
Je n'y arrive pas, j'en ai parlé par chatbox à mes correspondants Internet mais ils ne me croient pas.(2)
Décris moi ta peau ?
Elle est toute sèche et il y a des petits bouts qui partent...
J'arrive.(3)

Notes :
(1) J'ai l'habitude de tout automatiser le lancement de mon PC portable et avec les connexions automatiques, pas besoin d'effort. Effleurer un bouton suffit.
(2) Un effet secondaire de l'image d'excellence des services de santé et d'aide de la France.
(3) J'appris après que sa fille avait failli mourir de déshydratation suite à une maladie. Et que j'avais décris les mêmes symptômes.